L’ego se nourrit d’attention
source : mère Amma



Question : « Amma, tu dis que l’ego se nourrit d’attention. Qu’entends-tu par là ?
Amma : « Mes enfants, chaque jour à tout instant nous nous comportons ainsi. Ce besoin d’attention fait partie de la nature humaine. Que nous en soyons conscients ou non, nous en réclamons tous. Les êtres humains ont une tendance innée à faire en sorte d’attirer l’attention d’autrui. Même un enfant demande de l’attention. Le mental et l’ego ne peuvent exister s’ils n’en reçoivent pas.

Un mari désire la considération de sa femme, et réciproquement. Les enfants veulent l’attention de leurs parents. Les hommes recherchent celle des femmes et les femmes souhaitent être remarquées par les hommes. Les gens sont capables de n’importe quoi pour que l’on fasse attention à eux. Le monde entier a soif de considération. Cette tendance existe aussi chez les animaux. La seule différence est qu’ils ont une autre façon de la rechercher. Quiconque possède un mental et un ego a besoin d’attention et ne peut vivre sans en recevoir.

Dans presque tous les pays, la manière dont les gens se comportent pour obtenir la considération des autres est la même. Cela prend des formes beaucoup plus criantes chez les adolescents de toutes les nations. Ils se livrent parfois à des actes fort stupides pour attirer l’attention d’autrui, surtout celle du sexe opposé. Mais à cet âge, ils sont totalement sous l’emprise du mental et de l’ego, c’est pourquoi ils se comportent ainsi. Le mental est fou. Quand vous êtes complètement sous sa coupe, que peut-il en sortir, sinon de la folie ? Un mental fou ne peut engendrer que la démence.

Avec l’âge, le mental et l’ego murissent, et les moyens que vous utilisez pour attirer l’attention s’affinent eux aussi. Vos méthodes sont plus raffinées, mais le désir est toujours là. Bien des meurtres sont commis dans le but d’attirer l’attention. L’ego a pris de telles proportions que la personne songe à se faire reconnaître par des actes d’une extrême cruauté. Cela se produit partout dans le monde. Il y a un grand mur entre les gens, entre les individus et la société. A cause de la prédominance de l’ego, les gens ont perdu la faculté d’être ouvert. Ils se soucient uniquement de suivre leur mental et de satisfaire leurs désirs.

Quand un enfant pleure, il réclame de l’attention. Quand vous désirez réussir dans votre profession, vous cherchez à être considéré. Vous ne voulez pas vous contenter d’être un être humain ordinaire, vous désirez être extraordinaire, meilleur que les autres. Il vous est impossible d’être satisfait de ce que vous avez. Vous éprouvez le besoin d’être reconnu et honoré.
Ce phénomène vient de la tendance actuelle de vivre plus dans le mental que dans le cœur. Amma ne dit pas que vous ne devriez pas nourrir de telles ambitions. Ce n’est pas un problème, à condition qu’elles ne vous rendent ni trop orgueilleux, ni égocentrique. Ne vous laissez pas entrainer par le mental et ses désirs.

S’il apprend à être moins égocentrique, un scientifique obtiendra de meilleurs résultats dans ses recherches. Un politicien qui découvre comment travailler plus avec le cœur qu’avec le mental est un meilleur exemple et devient une source d’inspiration pour autrui. Et un sportif réalise de meilleures performances s’il parvient à contrôler son ego.

Plus vous êtes égocentrique, plus vous réclamez d’attention, et plus vous devenez vulnérable.
Vous attendez des autres qu’ils vous parlent et se comportent envers vous d’une certaine manière, vous exigez qu’ils vous respectent, même si vous ne le méritez pas. Les êtres égocentriques quels qu’ils soient, ont grand peur qu’on leur manque de respect. Ils craignent de perdre leur importance, ce qui est pour eux inimaginable, car c’est à le fondement même de leur existence. Leur ego se nourrit de l’admiration et du respect qu’ils reçoivent, et s’ils n’en obtiennent pas, ils s’effondrent.

Si on ne chante pas leurs louages, si on ne leur accorde pas le respect ou l’attention qu’ils demandent, cela les irrite et ils perdent leur sang-froid. Leur ego, le sentiment qu’ils ont de leur importance, leur rend toute critique intolérable, même s’il s’agit d’une critique constructive. Tout ce qui les met quelque peu en cause les blesse profondément. Ils veulent toujours être le centre de la discussion, surtout s’ils sont eux-mêmes présents. Leur vie entière tourne autour de l’attention qu’ils peuvent obtenir des autres.

Lorsque de telles personnes prennent leur retraite, leurs souvenirs deviennent leur seule source de distraction. Elles vivent alors dans le passé, car c’est la période où elles ont reçu le maximum de considération. La retraite est pour eux une expérience malheureuse, car rien ne plus nourrir leur ego, sinon leurs souvenirs. Soit elles vivent dans leur passé, soit elles gardent auprès d’elles quelques-uns de leurs ardents admirateurs, afin de recevoir encore de l’attention et d’entendre parler de leur gloire révolue.