Méditation sans objet : partage d'expérience



La méditation sans objet, sans support, ne signifie pas qu’il ne se passe rien en soi !
Cela signifie simplement que l’on se met à l’écoute de ’ce qui est’ et de ce qui passe en soi, sans rien rechercher de particulier, sans jugement, sans désir et sans aversion.
C’est tout autre chose.
De même, on peut se promener sur un chemin sans but précis et sans déterminer à l’avance le parcourt, à la découverte de ..... Voici le partage d‘une expérience de méditation sans objet, qui était ce qu’elle était ce jour-là, et qui sera tout autre le lendemain ! Le style est direct et émane tel quel de l’expérience. (Février 2012)

Je m’assieds pour méditer comme chaque matin. Je me pose en conscience avant de ‘faire’ ma journée. Je me pose, pour m’aligner sur la fréquence de mon être et ainsi m’approcher davantage de ‘Qui’ je suis. Je ferme les yeux. Je ne fais rien. …Mais très vite, pleins de choses se manifestent dans mon champs de conscience. Des choses viennent et d’autres s’en vont. Je n’ai rien à faire pour cela, tout se fait tout seul. J’observe simplement. Il y a beaucoup de remue-ménage là-dedans, mine de rien ! Des pensées, des états d’âmes, des sensations corporelles nombreuses et mélangées.
Je tâche de calmer l’ensemble afin de laisser émerger une seule chose. Me traversent des sensations confortables et inconfortables, des choses agréables et d’autres désagréables. Je prends conscience que de toute évidence, les ressentis désagréables, sont des manifestations d’automatismes, de conditionnements et de mémoires engrammées dans mes cellules. La tradition du yoga appelle cela des ‘samskaras’,
c’est-à-dire ’des imprégnations latentes’, résidus de notre passé et même de ‘nos’ passés lointains. Ils sont là et je ne peut faire autrement que les rencontrer et les ‘voir ‘! Le propos étant de me libérer de ces conditionnements non souhaités, qui entravent ma liberté d’action et mon potentiel d’être pleinement ‘Qui Je suis’. Le propos étant d’INCARNER 'Qui je suis' dans ma vie de tous les jours. Pour moi, pratiquer régulièrement constitue un outil précieux pour pister les conditionnements, les accueillir, leur permettre d'exister, et les laisser se désamorcer. C’est quand on trouve un piège qu’on peut le désamorcer ! Finalement l’essentiel de ma pratique se trouve là. Quand les obstacles disparaissent, la lumière jaillit d’elle-même. Le processus de transformation est graduel, il me permet une transmutation en douceur de toutes mes cellules. Transmuter quoi ? Transmuter les énergies sombres et inconscientes en énergie de lumière débordante d’amour et d'énergie. Chaque nouvelle prise de conscience apporte un flux de lumière et de joie comme un rayon de soleil le matin. L’inconscience des habitudes me fait vivre dans la monotonie, la routine et les automatismes, je n’y trouve aucun intérêt. Je n’ai plus envie de vivre cela. Je choisis en conscience de passer à autre chose. La pratique régulière de la méditation prépare les circuits énergétiques internes à ‘supporter’ des flux de conscience et d’énergie de plus en plus vaste. Ce qui se passe dans mon corps est un peu à l’image des circuits électriques … Il faut des câbles solides pour transporter de l’énergie haute tension, c’est pourquoi le yoga préconise de fortifier et d’assouplir le corps.

Maintenant, je prends conscience d’un schéma de conditionnement particulier, je le piste, je le suis pas à pas, avec discrétion et détachement. Ce faisant, je sens que je désamorce ce fonctionnement indésirable… Le nœud se desserre, et je sais, et je sens qu’un jour il lâchera. La seule chose à faire est de rester dans la vigilance de ‘ce qui est’ dans chaque instant. Si je perds le fil par distraction, il m’échappera et filera entre mes doigts, comme un animal sauvage se retire dans la jungle.

Mon thorax répond par une ouverture et un sentiment d’expansion bienfaisant. Tout un processus physiologique et psychique se remet en meilleure place naturellement. L’intelligence innée du corps opère et je laisse faire. Je me sens mieux centrée. Le bonheur d’être là avec moi-même est plus évident. Je savoure cet instant qui se prolonge dans un temps que je ne mesure plus. J’avance simplement d’instant en instant, dans la présence et la sensation délicieuse de me retrouver (enfin) dans une dynamique interne à la fois plus paisible et plus vivante. Je me maintiens dans cet espace/temps particulier et léger, tout en restant bien ancrée et enracinée. Les contraires ne s’opposent plus, ils coexistent dans l’unité au point zéro. Hara, tout mon être se rassemble dans ce centre vital. Je n’ai rien ‘fait’ pour cela, cela s’est fait en moi. Je me suis simplement ouverte à ce processus, et alors il a pu se faire, à sa façon. Je me donne à cette sensation. Avec une pensée orientée et ouverte, l’expérience suit son cours naturellement.

A tout moment, mon mental peut rompre cet état d’être. Il peut dire ; maintenant ça suffit, et alors, tout est fini. C’est vraiment une question de choix personnel. Là, je choisis de continuer à accueillir l’expérience, à ‘faire taire’ mon mental souvent trop pressé.
C’est mon choix. L’exploration se poursuit alors, et s’approfondit encore. Je ne peux mettre des mots sur tout ce que je vis, je m’observe et j’accueille ce qui vient, je m’ouvre à ce qui va venir et en même temps, j’abandonne ce qui s’en va. Eh oui, pour accueillir l’inédit et le nouveau, il faut lâcher l’ancien et l’habituel. C’est le mouvement incessant de la vie, l’inspiration et l’expiration, je ne peux inspirer que si j’ai bien expirer !

Ce flux de lumière intérieur me guérit et me régénère d’une façon ‘complète’. Une grande douceur m’envahis et m’enveloppe. Je ressens cette énergie dynamique et paisible à la fois, qui me remplis littéralement, vivifie tout mon corps physique en ajustant le tout dans un équilibre parfait. Je me sens invulnérable, pleine de joie et de possibilités. Tout est en ordre. Je m’aligne sur la fréquence de mon essence, cela se fait tout seul. Je ne fais rien d’autre que de coopérer et accueillir ce qui est, ce qui vient, ce que je vis maintenant avec bonheur. La plénitude de la vie est mon guide. Je collabore entièrement et en conscience à cette reconnexion énergétique avec mon essence. Je savoure encore un moment les bienfaits ‘thérapeutiques’ de cette reconnexion. C’est gratuit, à la portée de tous. Il faut juste changer son regard d’orientation. Nous sommes tellement conditionnés et ‘enrôlés’ par les habitudes, les médias, les blablas multiples et les appas-rences de notre monde qui nous tire vers l’extérieur, que nous croyons que c’est la seule réalité valable ! Nous croyons que le succès, la force, la santé et le bonheur dépendent de choses extérieures ! Sans nous en rendre compte, nous entretenons alors une sorte d’attachement au monde des formes qui nous éloignent de notre propre réalité et pouvoir intérieur…. Dans un certain sens, c’est une forme d’addiction, car notre propre pouvoir sur nous-même, nous le perdons sans nous en rendre compte tout de suite. Cela me rappelle une vieille légende hindoue qui dit : « ….Le trésor de l’immortalité ? …Nous le cacheront dans le cœur de l’homme,…. Là, il ne pensera pas à aller le chercher ! »

Bien sûr, il y a des aides, des enseignements, et des stimulations extérieures indispensables à notre évolution et notre bien-être, et il y a aussi des situations de vie non désirées qui sont là pour nous enseigner aussi quelque chose, bon gré mal gré, et/ou pour affiner nos choix de vie. L’extérieur est, parait-il, le miroir de notre monde intérieur, reflet de nos croyances, de nos intentions et des résultats de nos actions.
Le temps passe à toute allure, mais étant donné que je me sens présentement tellement bien en contact avec l’essentiel de moi-même, qui me comble à tout niveau…Je ne bouge pas ! Ce que je vais faire ensuite n’a aucune importance. Tout est là maintenant. Je vis sans projets préétablis. Ma journée est libre de contraintes et d’horaires. J’accueille ce qui vient, j’écoute mon inspiration du moment. Je prends le risque de ne pas faire de projets, je prends le risque de faire face au vide de l’instant… qui est pure liberté et disponibilité. « L’extraordinaire se trouve dans la profondeur de l’ordinaire » disait K.G.Durchkeim. C’est vrai, je le sens, je le vis. C’est simple et fort, doux et merveilleux. Je sens la vie qui palpite en moi, et c’est extraordinaire. Je n’ai nul envie de bouger et de m’agiter en allant ailleurs ! Dans l’instant, je suis bien telle que je suis. C’est finalement très écologique et très économique! Douceur et palpitation. Le vivant qui circule en moi dissout lentement l’épais brouillard du monotone conditionné. Tout est en ordre.

Maintenant, il est temps de revenir à la réalité explicite et à l’activité extérieure. Je me sens remplie de joie et d’énergie pour faire ce que la vie m’inspire à faire. Tout est bien.

Véronique

source: http://yogaetcompagnie.over-blog.com...-99892144.html