Selon une récente étude internationale, la dépression toucherait de plus en plus de personnes dans le monde, et en particulier dans les pays riches. La France arrive en tête du classement, suivie des Etats-Unis.
Selon l'adage : l'argent ne fait pas le bonheur. Il semblerait même que cela soit l'inverse. En effet, selon une étude publiée cette semaine dans la revue BMC Medicine, la dépression touche davantage les pays aux revenus élevés que les autres. Des chercheurs du monde entier parmi lesquels l’équipe de Jean-Pierre Lépine, chercheur à l'hôpital de la Lariboisière (INSERM, CNRS), se sont penchés sur une étude corrélée des niveaux de revenus et des taux de dépression, qui touche aujourd'hui 121 millions de personnes à travers le monde.

L'étude s'est ainsi basée sur des données provenant de 18 pays, parmi lesquels la France, l'Allemagne, l'Ukraine, le Japon, le Mexique, l'Afrique du Sud ou encore le Liban. Elle a alors révélé que les taux étaient bien plus élevés dans les pays riches que dans les autres. Si l'on en croit les chiffres publiés par l'Organisation mondiale de la santé, la France est même en tête du classement avec un taux de dépression de 21%, suivie des États-Unis avec 19,2%. Les autres pays comme le Japon, la Chine ou l'Inde, sont en revanche loin derrière avec respectivement des taux de 6,6%, 6,5% et 9%.

Les disparités salariales favoriseraient la maladie

Après cette première analyse, les chercheurs ont cependant décidé d'aller plus loin et ont organisé des entretiens face à face avec près de 89.000 personnes vivant dans les 18 pays inclus dans l'étude. Les sondés ont alors dû répondre à des questions sur les symptômes de la dépression, comme la tristesse, les cycles du sommeil, l'intérêt porté aux activités quotidiennes, mais aussi sur leur âge, leurs revenus et leur état civil, rapporte le Parisien. Au final, les chercheurs ont émis l'hypothèse que les taux plus élevés de dépression pouvaient s'expliquer par de plus grandes disparités salariales, fixant l'âge moyen de survenue de la maladie à 25-26 ans.

Néanmoins, l'étude conclut que davantage de recherches seraient nécessaires afin d'identifier les facteurs de risque démographique, les plus susceptibles de favoriser l'apparition de dépression.